
Le ministre par intérim de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique (Minmidt), Fuh Calistus Gentry, a visité trois cimenteries et deux carrières dans le département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral. Ces trois cimenteries, toutes détenues par des entrepreneurs chinois, sont situées à Édéa, chef-lieu du département.
Les trois nouvelles cimenteries
La première cimenterie, Sino Africaine (Sinafcim), a une capacité de production d’un million de tonnes par an. Actuellement en chantier, elle emploie 200 personnes, dont 90 % de Camerounais. Sa première production est prévue pour avril 2025.
La deuxième, Central Africa Cement (CAC), est en activité depuis quelques mois. Cette unité produit 1,5 million de tonnes par an et emploie une centaine de personnes sur les 200 prévus.
La troisième, Yousheng Cement, est en construction sur les rives du fleuve Dibamba, près de Douala. Elle vise une capacité de production annuelle de 1,8 million de tonnes.
L’inauguration officielle des trois unités est prévue pour juillet 2025. Leur production combinée de 4,3 millions de tonnes s’ajoutera aux 8,4 millions de tonnes actuellement produites au Cameroun, portant ainsi la capacité totale du pays à 12,7 millions de tonnes d’ici la fin de l’année. Cette production permettra non seulement de couvrir la demande nationale, estimée à 8 millions de tonnes, mais aussi de conquérir les marchés extérieurs.
Secteur en expansion
L’arrivée de ces trois nouvelles cimenteries porte à neuf le nombre total d’unités de production au Cameroun, dix ans après la fin du monopole des Cimenteries du Cameroun (Cimencam), filiale de Lafarge Holcim Maroc Afrique (LHMA). Cimencam, qui avait dominé le marché pendant 48 ans avec une capacité de 2,3 millions de tonnes, a vu son hégémonie contestée par l’arrivée de Dangote Cement Cameroun en 2015. Depuis, d’autres acteurs ont rejoint le marché, notamment le Marocain Cimaf (1,5 million de tonnes), le Turc Medcem (600 000 tonnes), Mira Company (1,5 million de tonnes) et le Portugais Cimpor (1 million de tonnes).
Malgré l’augmentation des capacités de production, le prix du sac de ciment de 50 kg reste élevé, oscillant entre 5 100 FCFA et 5 300 FCFA dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé. Les producteurs et le gouvernement justifient ces prix par les coûts élevés liés à l’importation du clinker, un composant essentiel dans la fabrication du ciment.
Frédéric Nonos