
Tout au long de l’année 2024, le Trésor public camerounais a remboursé un total de 1 378,1 milliards de FCFA au titre de la dette de l’administration centrale. D’après la répartition effectuée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’organisme en charge de la gestion de la dette publique, 311,4 milliards de FCFA ont été consacrés au paiement des intérêts, dont 58,8 milliards de FCFA pour la dette intérieure.
Bien que la CAA se félicite des « conditions d’emprunt favorables », avec un « coût moyen de la dette relativement faible (3,2 %) » à fin 2024, ces charges d’intérêts continuent de peser sur la trésorerie publique, réduisant ainsi les ressources disponibles pour financer des projets de développement.
À titre de comparaison, les intérêts versés sur la dette de l’administration centrale en 2024 représentent 2,5 fois l’enveloppe de 126,4 milliards de FCFA que le gouvernement camerounais espère mobiliser en 2025, via la nouvelle loi sur la fiscalité locale, pour financer les communes du pays.
Cette même enveloppe représente près du quart des 1 140 milliards de FCFA déjà investis par la Banque africaine de développement (BAD) dans les infrastructures de transport au Cameroun. Elle est également presque deux fois supérieure aux 164 milliards de FCFA d’investissements revendiqués dans le pays par la Société financière internationale (SFI). Cette filiale de la Banque mondiale, dédiée au financement du secteur privé, ambitionne de porter son portefeuille d’investissements au Cameroun à 300 milliards de FCFA d’ici trois ans. Un montant qui reste inférieur de 11 milliards de FCFA aux seuls intérêts versés par le Trésor public camerounais à ses bailleurs de fonds en 2024.
À l’analyse, le poids des charges d’intérêts sur la dette de l’administration centrale camerounaise s’explique par le recours accru aux prêts non concessionnels ces dernières années. En 2024, par exemple, seuls 35,9 % des engagements financiers de l’État ont été contractés sous forme de prêts concessionnels, contre 64,1 % de prêts non concessionnels, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA).
Ces derniers, souvent dominés par la dette commerciale, incluent les emprunts contractés sur les marchés financiers ou auprès d’institutions privées, généralement à des taux plus élevés.
Bien que cette catégorie de dette « offre une plus grande flexibilité en termes de mobilisation des ressources, elle implique également un coût plus élevé, nécessitant une gestion rigoureuse pour limiter les charges d’intérêt et assurer une soutenabilité budgétaire à moyen terme», souligne le gestionnaire de la dette publique au Cameroun.
Brice R. Mbodiam
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