Le paysage politique camerounais connaît une effervescence particulière à l’approche des échéances électorales. Les récentes démissions de figures gouvernementales n’ont pas fini de susciter des réactions. Dans ce contexte, Grégoire Owona, Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale et haut cadre du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), est sorti de sa réserve pour recadrer ces personnalités désormais en dehors du gouvernement.
Sans les nommer explicitement – mais faisant référence à des figures comme Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, dont les candidatures ont rompu des alliances historiques avec le pouvoir – Grégoire Owona a affirmé que ces individus, tout en jouissant de la liberté politique et démocratique garantie par le Président Paul Biya, devront « rendre compte de la partielle de pouvoir qui leur a été donnée depuis 30 ans ». Le ministre a estimé qu’ils n’ont « pas fait grand-chose » avant de vouloir présenter leur nouveau programme politique, suggérant ainsi une absence de bilan significatif de leur part durant leur long passage au sein de l’exécutif.
Cette déclaration musclée s’apparente à un rappel à l’ordre pour ceux qui ambitionnent une alternance politique sans, selon Owona, avoir démontré une réelle capacité à agir lorsqu’ils étaient aux affaires. La critique sous-entend une remise en question de leur légitimité à incarner le « changement » après avoir été des acteurs majeurs du système.
Par ailleurs, Grégoire Owona a saisi l’occasion pour réaffirmer la force et la sérénité du parti au pouvoir. Il a rappelé avec fermeté que « Le Président Paul Biya a un électorat fidèle dans toutes les régions du septentrion », et que « Le RDPC et son Président continuent de travailler sereinement ». Cette affirmation intervient alors que plusieurs figures du Septentrion, traditionnellement un bastion d’alliances avec le RDPC, ont choisi de se présenter contre le parti au pouvoir. La déclaration de Grégoire Owona vise manifestement à minimiser l’impact de ces départs et à rassurer sur la solidité de l’assise électorale du parti présidentiel. L’intervention du ministre Owona illustre la tension grandissante et la guerre des récits à l’approche de la Présidentielle de 2025.